Pragmata ou le CAPCOM que j'aime

Il tire, elle clique c'est la tHACKtique

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Un "cosmonaute" veut faire un check à la petite blonde qui porte sur son dos

La version vidéo

Pragmata est un jeu qui a fait parler de lui dès les première années de la PS5, avec des premières images fichtrement jolies. Repoussé à plusieurs reprises au point qu’on se demandait s’il allait vraiment sortir, il arrive enfin avec une proposition pour le moins particulière qui pour le coup semble un peu différente des premiers trailers !. Est-ce que ça valait le coup d’attendre ? C’est qu’on va voir dans la critique de Pragmata disponible sur PS5, Switch 2, Xbox et PC à partir de la version PS5.

Hugh Williams est chargé avec son équipe d’enquêter sur la perte de liaison entre la Terre et la Lune où se trouve une sorte d’imprimante 3D planétaire à base de Lunafibre : Un matériau qui peu tout reproduire. Alors que l’ambiance est un peu trop calme, un séisme se produit et l’IA de la station pète un boulon. En mauvaise état, Hugh tombe sur Diana une Gynoïde au comportement enfantin qui a la capacité d’hacker les robots. Hugh et Diana vont devoir s’entraider pour pouvoir sortir de là.

le cosmonaute braque un pistolet. Les soustitres indiquent "Hugh: C'est quoi ça ?!"

L’histoire de Pragmata n’a rien d’originale, on est dans un contexte spatiale désertique, dans lequel une IA déraille et où un lien père-fille va se créer entre nos deux protagonistes. Oui, c’est un poncif des histoires de SF et oui, la relation de substitution a déjà été vue maintes et maintes fois au point que même Nintendo s’y est attelé avec Donkey Kong. Toujours est-il que malgré cela, force est de constater que même avec ce côté galvaudé, l’alchimie fonctionne. On s’attache rapidement à se quarantenaire un peu pataud et l’énergique petite fille, que ce soit grâce aux dialogues, mais aussi grâce aux interactions que l’on peut avoir lors des intermissions. Et pourtant, pour être honnête, ca n’était pas gagner pour moi. Avec sa direction “réaliste”, eh bien, la petite Diana me provoquait une gêne due à la vallée dérangeante qui avec le temps s’est estompée. Probablement grâce aux jolis dessins qu’elle fait. Blague à part, peut-être que ces clichés vont vous ennuyer, mais d’une part, c’est quand même bien exécuté et d’autre part, le plus intéressant ici, c’est son gameplay.

Pour faire simple, Pragmata est un jeu dans lequel vous allez devoir battre vos ennemis, en faisant deux choses à la fois :

Comme dans un gameplay de TPS classique, vous allez devoir viser et tirer pour détruire les robots. Cependant, il faudra au préalable que désactiviez leur armure. Pour ce faire, vous devez utiliser les capacités de hacking de Diana. Ceux-ci se matérialisent sous la forme d’une matrice dans laquelle il faut se frayer un chemin en utilisant les quatre boutons de façades de votre manette. Ca paraît simple ? Tout se fait en temps réel ! C’est-à-dire que pendant que vous résolvez votre petit puzzle, vous devez aussi faire attention aux ennemis qui vous attaquent, soit en tirant soit en esquivant avec un bouton.

Sur la droite de l'écran un petit puzzle à résoudre

C’est un peu comme si vous deviez jouer à deux jeux. Mais si au début vous pourrez y jouer séparément et avancer assez facilement, au bout d’un moment, vous allez quand même devoir faires les deux en même temps. Et en fonction de votre capacité à faire du multitasking, ça peut être un peu compliqué. (C’est d’ailleurs pour ça que les captures de cette vidéo ne sont pas exceptionnels). Mais en même temps, c’est aussi le risque quand on tente quelque chose de nouveau.

Surtout que dans une certaine mesure le level-design de Pragmata reprend celui des "souls" avec des sessions d’ennemis à abattre, un nombre limité de soin et la présence d’échelle savamment placées qui vont permettront de revenir dans votre base.

Dit comme ça on pourrait croire que Pragmata est aussi difficile qu’un Elden Ring, mais il n’en est rien. En réalité, le jeu est très bien équilibré. Il met à disposition du joueur tout un tas d’outils pour l’aider dans sa quête, à commencer par une flopée d’arme consommables, que l’on peut diviser en quatre catégories : Les armes de bases, les armes à dégats, les armes de défense, et les armes de contrôles qui vont vous permettre de gêner les robots, et donc de hacker plus facilement.

Hacker qui vous permettra aussi en fonction du chemin que vous prenez, de ramasser divers bonus augmentant les dégâts, infligant des statuts, ou faisant monter la jauge de surchauffe vous permettant d’effectuer une attaque dévastatrice.

Un liste d'options pour aider le joueur

Et la défense n’est pas oubliée, vous aurez la possibilité de faire des esquives parfaites, mais aussi de vous équiper des divers mods vous offrant des avantages. Au point que vous pourrez vous constituer un build en fonction de votre style de jeu. Et preuve supplémentaire de la maitrise du jeu : Alors qu’il serait logique de penser que Hugh serait difficile à manier avec son imposante combinaison, c’est en fait tout le contraire. Bien que l’on sente la lourdeur du personnage, les esquives et les dashs sont un peu flottants, on a quelque chose de satisfaisant surtout lorsque la gravité est réduite.

Avec tout ça, le jeu est loin d’être insurmontable, mais il est n’est pas une promenade de santé, et ce même en mode facile. Mais encore une fois cela dépendra de votre capacité à faire deux choses à la fois. Et c’est peut-être l’origine du seul défaut véritable donné dans cette review : Bien que les combats de boss soient impressionnants et agréables. En fonction de votre habilité, les combats peuvent s’avérer un peu longuets. J’ai bien conscience que je dis de manière polie “skill issue”, mais croyez-moi je suis le premier concerné. Et j’en ai passé du temps sur le boss de New York.

Justement parlons-en de la ville de New York, Pragmata nous offre un jeu absolument magnifique avec des décors saisissants. C’est un véritable plaisir de se déplacer sur la lune et d’observer la terre via un panorama époustouflant. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert une reproduction volontairement ratée de New York, avec des murs à moitié faits, et des voitures qui fusionnent à avec le sol comme en plein out of bond. Vous allez peut-être me dire que c’est parce que je ne suis pas un habitué des jeux réalistes, mais en ce qui me concerne j’ai été bluffé. Et que dire de cette physique de cheveux presque parfaite. Non vraiment je me suis pris une claque.

Un reproduction de la ville de New York, mal reproduite avec des voitures fusionnése au bitume

Pragmata est vraiment un excellent jeu, une excellence qui se traduit par l’équilibre de son système de jeu tout à fait inédit et ce malgré une histoire vu et revue mais efficace dans son exécution. Maintenant… si je reconnais cette excellence, j’ai pour le moment du mal à le considérer comme un must-have, tant ce gameplay qui le caractérise peut être clivant malgré sa maîtrise. Pour faire court, j’ai passé un excellent week-end à jouer à Pragmata le tant d’arriver au générique de fin. Mais je n’ai pas été transcendé non plus, malgré ses qualités évidentes.

Néanmoins, il va être intéressant d’observer les années à venir pour voir si ce concept de “Hack ‘n’ shoot”, va infuser dans l’imagination des développeurs et game designer pour faire des petits y compris chez Capcom avec l’installation d’une série de jeux. A ce moment là, Pragmata aura acquis son statut must-have en tant que pionnier. Et personnellement, c’est tout ce que je lui souhaite. En attendant saluons la prise de risque, qui s’avère payante.

Pragmata est disponible sur PS5, Switch 2 xbox, et PC

Les points forts
  • Le gameplay double
  • La relation entre les deux personnages
  • L'histoire touchante
Les points faibles
  • Les boss un peu longs
  • Peu d'options d'accessibilité