Dusk Index: Gion - Entre tradition et (ultra) modernité

Kyôto ou tard, tout le monde fait les frais du capitalisme

Dusk Index: Gion - Entre tradition et (ultra) modernité

L’écrivain Robert Louis Stevenson est à l’origine de la fameuse phrase “L’important, ce n’est pas la destination, c’est le voyage”. Toutefois, il conviendrait d’ajouter que le départ et l’arrivée sont aussi importants tant ces deux jalons peuvent vous faire relativiser votre voyage. Et c’est avec cette remarque un peu pompeuse je l’avoue, que voici la critique de Dusk Index: Gion, disponible sur Switch, PS et PC. Un Visual Novel de la team Cherrymochi, édité par bushiroad.

En préambule de cette critique, il convient de rappeler que Dusk Index est un Visual Novel pur, c’est-à-dire qui ne contient ni action à faire de la part du joueur y compris la sélection de choix. Le “jeu” dont nous allons parler tient alors plus du “livre audio linéaire avec des images”, qu’à un jeu en réalité. La manette servant à déclencher l’historique, l’avance rapide ou le menu. Maintenant que vous êtes prévenu, parlons de ce qui nous intéresse : l’histoire.

Dans cette uchronie, nous découvrions une histoire centrée sur le quartier de Gion, le “quartier des Geisha" au sein de Kyôto. Dans un premier temps, nous le découvrirons au sein de l’année 2006. Mais une année 2006 bien particulière, puisque nous sommes dans un monde où les technologies sont bien plus avancées que les nôtres et où la réalité augmentée fait partie intégrante de la vie de tous les jours. Ainsi, la population porte quotidiennement des lentilles de contact leur permettant de "voir" toutes sortes d'informations. Toute la population ? Non, le l'inspecteur Daiki Katsuki préfère les méthodes à l'ancienne, phobique de cette nouvelle technologie, malgré son travail dans la police.

Image du jeu Dusk Index Gion, Une physicienne est retrouvée morte allongée autour d'un mystérieux symbole

Pour pouvoir résoudre une mystérieuse série de meurtre faisant référence à ceux d'il y a un siècle, Katsuki va devoir faire équipe avec Rio Quinn, ingénieure et développeuse du logiciel "Echoes of Kyoto". Un logiciel permettant de superposer en RA le Kyôto de 1906.

Image du jeu Dusk Index Gion, Un horloger est retrouvé morte allongé autour d'un mystérieux symbole

Du côté de l'air Meiji, nous ferons la connaissance de l'inspecteur Masayoshi Nagahama et de Saki une geisha du quartier de Gion particulièrement vive d'esprit.

Le fait de nous faire traverser deux époques est clairement la plus grande force de Dusk Index Gion. En faisant cela, cela va nous permettre de profiter de deux ambiances différentes : D'un côté, 1906 semble beaucoup plus calme, beaucoup plus apaisant. Nous offrant comme une sorte de respiration après avoir passer un bout de temps dans ce 2006 surchargé d'information. Aidé par la relation Nagahama/Saki absolument adorable.

Mais rassurez-vous, l'époque de 2006 n'est pas à jeter non plus. Si l'environnement qui est dépeint peut paraitre désagréable. Il possède lui aussi parfois son côté apaisant. Mais surtout c'est la relation Katsuki/Quinn qui va donner tout le sel de cette époque, L'un est phobique de la surcouche virtuelle du monde, quand l'autre est effrayée du monde réelle préférant s'isoler et plonger dans un monde virtuelle. Il va être très plaisant de voir ces deux personnes s'aider l'un l'autre au fur et à mesure de l'histoire. C'est juste que le décor est peut-être moins appréciable ?

A gauche un homme faisant une crise de panique. A droite, une femme qui tente de le rassurer

Toujours est-il que ces différents aller-retours dans le temps permettent de mettre en exergue des thématiques actuelles, mais de ce fait tristement intemporel. Notamment l'Intelligence Artificielle générative dans les dégâts qu'elle fait aux employés et aux artistes. Ou bien encore le harcèlement.

Seulement, reprenons ce que je disais au début de l'article : Si le plus important est le voyage et non pas la destination, l'arrivée est toute aussi importante. Malheureusement, si le voyage est vraiment chouette, il est entaché d'une déconvenue plus ou moins majeure selon votre appréciation, la traduction uniquement en anglais) couplée à la localisation. Pour ce dernier point c'est très simplement, certaines lettres comme le "Ō" ou le Ô, n'apparaissent tout simplement pas. C'est un manque flagrant de contrôle qualité.
Quant à la traduction elle adapte parfois trop le texte. Il est alors très fréquent que de longues phrases deviennent des "I see" ou même des "...". Incompréhensible.

Concernant l'arrivée, eh bien, c'est une autre paire de manche. Parce qu'on peut aisément dire que Dusk Index: Gion trébuche avant la ligne : Si le jeu arrivait à proposer quelque chose de cohérent, ce n'est pas le cas de sa dernière partie qui s'engouffre dans des poncifs de la SF sans que cela n'est de sens. Relevant presque du Deus Ex Machina. Espérons que l'écriture soit meilleure pour la probable suite prévue.

Pour se consoler on appréciera les artworks et la bande son que le jeu propose.

A travers ses deux duos, Dusk Index: Nous propose une histoire originale et sympathique comprenant les problématiques de notre époque. Mais qui malheureusement perd de sa cohérence dans la dernière ligne droite pour quelque chose de moins plausible. Ce Visual Novel reste tout à fait solide si vous cherchez une histoire pas forcément excellente sur fond de futur ultra technologique.

Les points forts
  • L'histoire générale, sur l'avancée technologique
  • Les deux duos d'enquêteurs
  • L'atmosphère calme
  • Les GC
Les points faibles
  • La traduction bancale
  • La fin qui casse toute la cohérence

Dusk Index: Gion est disponible sur PC, Playstation et Switch